Comment tout a commencé…


En 1946, Félix Amiot tourne une page majeure de son histoire industrielle.
Confronté à une nationalisation généralisée du secteur aéronautique, il fait un choix décisif :

© Studio Harcourt

« J’ai abandonné les avions en raison d’une nationalisation généralisée »,
Félix Amiot, fondateur des CMN.

Cette décision marque le début d’une profonde reconversion. Les Constructions Aéronautiques de Normandie (CAN) deviennent les Constructions Mécaniques de Normandie (CMN). Dans le cadre du plan Marshall, l’entreprise participe d’abord à la reconstruction du pays en fabriquant des wagons pour la SNCF. Mais l’ambition de Félix Amiot va plus loin : il souhaite désormais se lancer dans la construction navale.

Dans la France de l’après-guerre, ce projet ne peut voir le jour sans l’autorisation de l’État. Pour obtenir le droit de construire des navires, il faut justifier de deux sinistres de guerre. Félix Amiot se rend alors en Normandie, à la rencontre d’un pêcheur nommé Auguste Tabourel, dont le bateau a été réquisitionné puis coulé par l’occupant allemand.

Il lui propose de racheter ce sinistre, puis en acquiert un second. La condition est remplie : les autorisations sont accordées. La construction navale peut commencer.

© Archives CMN

Baptisé Annie, le premier navire construit par les CMN inaugure une nouvelle génération de chalutiers, conçus pour effectuer des marées plus longues qu’à l’accoutumée (jusqu’à dix jours). Ce changement impose de nouvelles exigences aux ingénieurs : garantir de bonnes conditions de vie et de sécurité à l’équipage, améliorer la tenue à la mer et optimiser la conservation du poisson à bord.

Le 23 juin 1948, sur le slipway des Flamands à Cherbourg, les CMN lancent officiellement leur tout premier navire pour l’armement « Les Chalutiers Cherbourgeois » :

  • Longueur : 22 mètres.
  • Jauge : 70 tonneaux.
  • Propulsion : deux moteurs diesel, couplés à un réducteur d’hélice à pas variable réversible.
  • Conservation : installation frigorifique permettant de stocker 1 000 caisses de poisson de 20 kg chacune.
© Service historique de la Défense de Cherbourg

Premier navire français construit après la guerre, Annie est décrit par les sources historiques comme « le plus gros et le plus moderne du département » depuis la fin du conflit. Il incarne pleinement la réussite de la reconversion industrielle engagée par Félix Amiot et marque la montée en puissance du chantier.

Portées par ce premier succès, les CMN poursuivent sur leur lancée. Sous l’impulsion de Félix Amiot, le chantier construit six autres chalutiers modernes, mesurant entre 22 et 24 mètres :

  • 1949 – France-Marie.
  • 1950 – Christine-Marie.
  • 1951 – Marie-Noëlle.
  • 1952 – Evelyne-Marie.
  • 1954 – Claude-Marie.
  • 1955 – Michel-Marie.

Ces navires posent les bases d’un savoir-faire durable et ouvrent la voie au développement du chantier naval cherbourgeois.

À travers Annie, c’est toute la capacité des CMN à transposer des procédés issus de l’aéronautique aux contraintes du milieu maritime qui s’exprime. Cette culture de l’innovation, née dans le ciel et affirmée en mer, constitue l’un des fondements de l’identité du chantier.

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