Félix Amiot, l’héritage d’un visionnaire


L’aventure cherbourgeoise commence dans les années 30
, où Félix Amiot, industriel et ingénieur français révolutionne l’aviation. En 1938, il rachète les ateliers Cantineau spécialisés dans la réparation de locomotives et crée les CAN – Chantiers Aéronautiques de Normandie. Mais à la fin de la Seconde Guerre mondiale, la loi de nationalisation de l’industrie aéronautique française met fin à cette aventure.

Félix Amiot déclare :
« J’ai abandonné les avions en raison d’une nationalisation généralisée. Mais je n’ai pas voulu abandonner tous ces gens qui travaillent avec moi depuis tant d’années. Afin d’éviter un chômage important, les autorités locales m’ont demandé de relever mes usines totalement détruites pendant la guerre. Puis j’ai adapté à la construction des bateaux de petit tonnage, certains procédés, certaines idées maîtresses utilisées précédemment dans la fabrication des hydravions ».

© Studio Harcourt

Refusant d’abandonner ses équipes, Félix Amiot se lance dans la construction navale. Le 27 juin 1946, les CAN deviennent les CMN – Constructions Mécaniques de Normandie. Les CMN se relèvent grâce à l’obtention d’un marché de montage de 8000 wagons américains destinés à la SNCF, dans la lignée du Plan Marshall.

© Service historique de la Défense de Cherbourg

L’activité de construction navale débute en 1948 avec le lancement du premier navire réalisé par les CMN : le chalutier Annie. S’ensuit la construction de navires militaires dont des dragueurs de mines pour l’OTAN et la Marine allemande ainsi que des escorteurs pour la Marine française.

© Service historique de la Défense de Cherbourg

Après un premier creux de charge, les CMN se lancent dans la plaisance, avec notamment la production d’une série de voiliers-yachts Maïca, fabriqués selon une méthode originale et qui fera ses preuves par la suite : la construction quille en l’air.

© Archives CMN

En parallèle, naît la Combattante, vedette garde-côte rapide, légère et ultramoderne, qui fera la renommée du chantier des années 60 à aujourd’hui… En effet, à la suite de la Guerre des Six Jours, l’État français déclenche un embargo sur la livraison d’armes à Israël mettant à mal la commande passée avec les CMN. Malgré l’interdiction, les équipages israéliens quittent Cherbourg clandestinement à bord des cinq vedettes, dans la nuit de Noël 1969, en pleine tempête, pour rejoindre Israël. Elles arriveront à Haïfa moins d’une semaine plus tard.

© Giorgio Arra

Félix Amiot s’éteint en 1974. Germaine, son épouse, accompagnée de ses deux filles, reprend les rênes du chantier jusqu’en 1987.

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